Achille Deveria, Sainte Élisabeth

Achille DEVERIA

(Paris, 1800 – 1857)

Sainte Élisabeth

1855

Pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier chamois

410 x 291 mm

Signé “Deveria” et daté “1855” en bas à droite

Peintre, dessinateur et lithographe de génie, Achille Devéria est l’une des figures de proue du Romantisme français. Véritable pivot de la vie artistique parisienne des années 1830, son atelier de la rue de l’Ouest fut le point de ralliement du “Cénacle” où se croisaient Victor Hugo, Liszt et Delacroix. S’il fut un illustrateur prolifique et un lithographe de génie, son œuvre dessinée révèle piété et délicatesse. Techniquement, Devéria excelle dans l’usage du crayon et du lavis. Son trait, d’une souplesse extrême, parvient à rendre la chair lumineuse par des jeux de transparence et une économie de moyens graphiques.

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Eugène DEVERIA, le cloître de l'Art

Dans cette composition d’un grand mysticisme, Achille Devéria illustre l’un des épisodes les plus célèbres de l’hagiographie chrétienne : le miracle des roses. Sainte Élisabeth de Hongrie, figure de charité absolue, est représentée en pleine assomption spirituelle au-dessus d’un paysage côtier méditerranéen. Sainte Élisabeth porte son manteau relevé, révélant le miracle où le pain destiné aux pauvres s’est transformé en roses. Son visage, nimbé d’un halo de lumière radieuse, exprime une sérénité divine. Elle est entourée de putti et d’anges musiciens ou porteurs de palmes (symboles de victoire spirituelle) qui soutiennent sa marche céleste sur les nuées. En bas de la composition, le monde terrestre semble s’éclairer à son passage. La ville et le rivage sont traités avec une économie de traits, soulignant la distance entre la matière terrestre et l’élévation de l’esprit

Réalisé seulement deux ans avant la mort de l’artiste, ce dessin témoigne de la maîtrise absolue de la pierre noire chez Devéria. L’utilisation du papier bistre comme ton moyen permet aux rehauts de blanc de créer un contraste saisissant, presque surnaturel. La lumière ne vient pas de l’extérieur, mais semble émaner du corps même de la sainte, dont le drapé de la robe d’une grande fluidité, accentue le mouvement d’ascension.

galerie le cloitre de l'art
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