Roberto FRANZONI
(Bologne, 1882 – San Marino, 1960)
Ange à la couronne d’épines
circa 192
Plume et lavis d’encre brune
610 x 460 mm
Signé « Franzoni » en bas à droite
Cadre Art Nouveau aux trèfles en bois et stucs dorés
Roberto Franzoni est un représentant de l’Art Nouveau italien ou « Stile Liberty » émilien. Artiste singulier, il a laissé une vaste production de médiums divers, allant de l’affiche au dessin, de l’illustration à l’étude pour tapisseries, du tableau au parchemin. En tant que peintre et dessinateur, il se distingue par sa force graphique et la grâce de son modelé pictural donnant vie à des œuvres raffinées et spirituelles. Né dans une famille pauvre de Bologne, il suit une formation au Collegio Artistico Venturoli, où il entre à l’âge de douze ans jusqu’en 1902, date à laquelle il obtient une bourse pour quatre années supplémentaires. La première grande rétrospective de son œuvre est organisée à Bologne en 1967 par R. Zauli à la Galleria del Caminetto. Formé par une discipline très rigoureuse à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne, alors dominée par le réalisme de Barbèri, il est attiré par le modernisme. Entre 1899 et 1920, il réalise une série d’œuvres imprégnés par les contours flottants et doux de Mucha, contrastant avec la netteté des fonds bien délimités et cernés par des traits bien définis inspirés du suédois Carl Larsson, présent à Venise depuis la première Biennale de 1895. Franzoni est aussi attiré par l’univers du designer britannique William Morris, figure de proue du mouvement Arts and Crafts. Il fut membre de la Società per le Arti Francesco Francia entre 1902 et 1914 et participa à plusieurs expositions organisées par cette société artistique à Bologne.
En 1908, Franzoni décore la chapelle Rizzi (ill. ci dessous) dans le cimetière de la Certosa à Bologne, avec un répertoire symbolique élaboré comprenant des peintures, des stucs, des vitraux et des ferronneries, le tout dans un style Art nouveau. En 1914, il peint des panneaux à la tempera pour les salles du Palazzo Ronzani à Bologne, et travaille aussi à la décoration du Palazzo Saraceni et du Credito Fondario à Bologne.
Franzoni se spécialise dans le portrait et la figure féminine idéalisée issue des motifs préraphaélites, avec une technique souple et habile. L’artiste met ici en scène une figure féminine flottante, les paupières closes, dont le visage semble irradié par une source de lumière intérieure. Le contraste entre la fluidité presque aqueuse du lavis et la précision graphique de la couronne d’épines crée une tension saisissante. Les épines, traditionnellement symboles de souffrance, sont ici portées avec une délicatesse qui confine à la caresse, transformant l’objet de supplice en un attribut de méditation.
Bibliographie : IL LIBERTY A BOLOGNA E NELL’EMILIA ROMAGNA, catalogo mostra 1977, galeria d’arte moderna bologna
Prix sur demande
Ill. Roberto Franzoni (1882 – 1960), Cella Rizzi, 1908, part. Bologna, Certosa, Ingresso sud tra Sala del Colombario e Campo Carducci. Copyright © Museo del Risorgimento di Bologna | Museo della Certosa