Titania reine des fées, école préraphaélite 1900

École ANGLAISE Préraphaélite 

Le Songe de Titania, Reine des fées

circa 1900

Huile sur toile

70 x 90 cm

Dans un sous-bois verdoyant, une jeune femme vêtue modestement repose endormie parmi les iris et les fleurs des champs. Des roses sont déposées sur son buste, tandis que quatre fées aux silhouettes diaphanes et aux vêtements irisés flottent autour d’elle.

Évoquant Titania, reine des fées du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, cette composition se distingue par le naturalisme exceptionnel de sa figure centrale : loin de l’apparition féerique conventionnelle, Titania prend ici les traits d’un véritable modèle, presque d’une jeune paysanne observée sur le vif. La présence très concrète de cette figure humaine contraste avec l’immatérialité des fées. Cette rencontre singulière entre monde réel et monde merveilleux caractérise la peinture féerique anglaise de la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

Cette conception trouve un précédent particulièrement intéressant chez les artistes préraphaélites, notamment John Everett Millais, dont Ferdinand Lured by Ariel (1849) témoigne de la volonté de faire entrer le monde féerique dans une nature minutieusement observée (voir Christopher Wood, Fairies in Victorian Art, p. 142)

Le Cloitre de l'Art
École Préraphaélite, Waterhouse

En Angleterre, ce type de représentation se prolonge même jusqu’à la période Art déco, notamment à travers Titania Sleeps, de Frank Cadogan Cowper (1928), décrit par Wood comme le dernier des préraphaélites, qui reprend lui aussi le motif de Titania endormie dans une nature extrêmement concrète.  Notre tableau apparaît ainsi comme un témoignage de la persistance de cette rencontre entre féerie, naturalisme et imaginaire shakespearien dans la peinture anglaise autour de 1900.

Prix sur demande

Le Cloître de l'Art

Bibliographie : Christopher Wood, Fairies in Victorian Art, Woodbridge, Antique Collectors’ Club, 2000, pp. 11–13, 142–144, 151.