Armand BERTON
(Paris, 1854 – 1917)
Allégorie de l’Automne, Brumaire
Vers 1887
Pastel sur papier marouflé sur toile
61 x 46 cm
Signé en haut à droite
Élève d’Aimé Millet à la Petite École, puis d’Alexandre Cabanel à l’École des beaux-arts de Paris, Armand Berton expose au Salon à partir de 1875. Peintre, pastelliste et graveur, il se distingue par un style singulier, mêlant tonalités sourdes et contours vaporeux. Atteint d’une surdité totale pendant sa formation artistique, ce handicap semble avoir forgé chez lui une personnalité artistique aussi atypique qu’introvertie. Grand ami d’Eugène Carrière, dont il se rapproche artistiquement par l’emploi de tonalités brunes et de la technique du sfumato, il a copié les maîtres anciens au Louvre et en Italie pour parfaire sa formation et se dit grand admirateur de Rembrandt. Comme ce dernier, il réalise d’ailleurs de nombreux autoportraits à différents âges de sa vie et dans diverses attitudes psychologiques.
La composition et le sujet de notre pastel évoquent une peinture importante de l’artiste, jadis conservée au musée de la Chartreuse de Douai. Malheureusement détruite ou perdue pendant la Première Guerre mondiale, cette œuvre n’est plus connue aujourd’hui que par quelques photographies anciennes. Intitulée Brumaire (photo ci-dessous), la peinture fut présentée au Salon de 1887, où elle remporta une médaille de première classe, avant d’être acquise par le baron Alphonse de Rothschild pour être offerte au musée de Douai. La composition, le modèle féminin et l’esprit de ce tableau sont très proches de notre pastel et nous laissent penser qu’une datation autour de 1887 est envisageable.
Hormis les portraits, sa production se concentre sur des évocations du monde de l’enfance et des nus féminins, traités de manière intimiste dans une palette de couleurs restreinte. Dans ce tableau, une jeune femme nue aux formes callipyges et à la belle chevelure brune pourrait être une sorte d’allégorie de l’automne, ou bien encore une figure mythologique plus traditionnelle, comme Ève, voire une dryade.
Entre Henner et Dhurmer, mais aussi influencé par Degas, notre sensuelle et enigmatique Allégorie de l’Automne illustre la confluence subtile et parfois confuse entre l’art académique, la peinture impressionniste et le symbolisme.
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