Alfred WARTEL
(Actif en Belgique au XXème siècle)
Cantique de Mai
1925
Tempera sur toile
146 x 189 cm
Signé, daté en bas à droite « A.Wartel,1923 »
Cadre d’origine peint
Peintre représentatif du renouveau de l’art sacré et du symbolisme belge de l’entre-deux-guerres, Alfred Wartel se forme à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles sous la direction de Constant Montald et Jean Delville. Il développe un langage singulier alliant la rigueur académique, l’idéalisme classique et une stylisation décorative très personnelle. C’est au lendemain de la Première Guerre mondiale, à partir de 1918, que l’artiste s’impose sur la scène artistique en participant activement aux grands rendez-vous de son époque, notamment au Salon d’Art Religieux de Bruxelles en 1920, ainsi qu’à l’Exposition d’Art Religieux d’Anvers.
Cette œuvre magistrale illustre parfaitement le sommet de la recherche plastique de Wartel, qui puise son inspiration dans la ferveur spirituelle et la poésie des Primitifs italiens et flamands (Fra Angelico, Memling et Dürer) tout en s’inscrivant dans la modernité des années 1920. Réalisée à la détrempe (tempera) — technique traditionnelle prisée pour sa matité et sa délicatesse chromatique —, la scène réunit au centre une élégante Vierge revêtue d’un manteau bleu. Portant l’enfant Jésus, elle est entourée d’anges agenouillés en prière, réalisant un concert angélique à la flûte traversière et au violon. La composition aux visages d’une grande douceur s’ouvre sur un paysage vallonné. Un arbre sanctuaire couronné de glycines abrite une niche où se trouve une statuette mariale. La présence des colombes blanches aux pieds de Marie renforce le sentiment de paix et de pureté spirituelle.
Grâce aux rehauts dorés des auréoles, les aplats de couleur et la palette chromatique harmonieuse et veloutée, ce tableau témoigne du sommet de la production de Wartel dans le domaine du sacré, rappelant l’univers nabi de Maurice Denis. Privilégiant la ligne épurée, la clarté de la composition et un sentiment de sincérité profonde, Wartel livre ici une œuvre monumentale majeure, magnifiée par son cadre d’origine aux motifs géométriques et aux dorures précieuses
Référence : Revue moderne des arts et de la vie. (1920–1982). La Revue moderne. (p.6-7). Bibliothèque nationale de France.
Prix sur demande
« M. Wartel est d’un tempérament rêveur, je pourrais écrire : mystique. Voici un artiste qu’attirent les vastes compositions, qui rêve en ce temps d’utilitarisme à outrance de grandes peintures décoratives, d’un art renouvelé de peintures à fresques. C’est une noble ambition que celle-là. Les peintures de M. Wartel n’ont rien des bondieuseries polychromes de l’École Saint-Luc. Son art est d’une inspiration très douce, mélangée à la fois de candeur et d’ingénuité. Ses œuvres sont sincères sans conteste. M. Wartel peint la nature telle qu’il la sent, plutôt que telle qu’il la voit. Ses œuvres sont des interprétations, non des stylisations. Exécutées à la détrempe, elles sont d’une originalité certaine qui séduit et nous retient. » Gérard Filastre-Dumont, dans Le Messager.