Charles-Clos OLSOMMER
(Neuchâtel, Suisse, 1883 – Sierre, 1966)
Le Livre Saint
Technique mixte : aquarelle, fusain et gouache
302 x 370 mm
Signé en bas à droite “cc. olsommer”
Originaire de Neuchâtel, Charles-Clos Olsommer est l’une des figures les plus singulières et secrètes de l’art suisse du XXe siècle. Formé à l’École d’art de La Chaux-de-Fonds par Charles L’Eplattenier (le maître de Le Corbusier), il s’établit définitivement à Veyras en 1912, transformant sa demeure en un sanctuaire dédié à la beauté spirituelle. Marqué par le Style Sapin (variante jurassienne de l’Art Nouveau) et le symbolisme allemand de ses années munichoises, Olsommer a développé un langage visuel unique : utilisant des techniques mixtes (gouache, aquarelle, tempera), il fuyait le brillant de l’huile pour privilégier le mat, qu’il jugeait plus “noble”. Ainsi, dans son œuvre, la chair et les objets semblent vibrer d’une lumière intérieure.
Charles-Clos Olsommer dessina de nombreux portraits aussi bien d’après nature qu’allégoriques. Ces deux genres étant complémentaires pour l’artiste. Le portrait allégorique présente des expressions arrangées et des éléments stylisés en vue de donner à l’image une signification déterminée, à l’instar de notre portrait. Représentant l’un de ses trois fils : Bojen, Claude ou Carlo entre prière et méditation, le portrait est ici allégorie. Ce n’est pas au modèle que le spectateur est invité à s’intéresser en tant que tel mais à l’idée que son image révèle, ici l’intériorité de la lecture sainte que l’attitude de l’enfant évoque sans ambiguïté. Le visage du modèle demeure grave, non théâtralisé et impassible. L’image est d’autant plus efficace spirituellement qu’elle sera hiératique et tendra vers l’icône. L’art mystique d’Olsommer se caractérise par un traitement précieux et sensuel des matériaux, dévoilant des techniques expérimentales. L’atmosphère lyrique et nocturne de ses dessins évoque l’idéal symboliste de l’âme sacralisée faisant un pont entre le spirituel et le matériel.