Edgard Maxence - Joueuse de Luth

Edgard MAXENCE

(Nantes, 1871 – La Bernerie-en-Rentz, 1954)

Portrait de jeune fille, première pensée

circa 1910

Pastel

650 x 520 mm

Signé en bas à droite

Edgard Maxence est né à Nantes en 1871, dans une famille aisée. Il s’installe à Paris en 1891 et étudie à l’école des beaux-arts, dans l’atelier d’Élie Delaunay, puis de Gustave Moreau, une rencontre décisive pour Maxence. Malgré un parcours brillant à l’École des beaux-arts – Moreau le classe parmi ses meilleurs élèves –, il est éliminé au concours du prix de Rome. Il se consacre alors à une carrière aisée et lucrative entre Nantes et Paris, fort de ses nombreuses commandes de portraits et de peintures religieuses. Il est également attiré par les légendes celtes et les sujets médiévaux ou renaissants. Il peint inlassablement des œuvres aux titres mystérieux, représentant des femmes en méditation dans des paysages, à la fois sensuelles et hiératiques. Ses peintures intemporelles lui permettent d’obtenir une grande renommée et de nombreux succès au Salon. Il est médaillé d’or à l’Exposition Universelle de 1900, nommé chevalier puis officier de la Légion d’Honneur en 1900 et 1927, et enfin, élu à l’Institut de France en 1924.

Lévy
clytie changée en tournesol musée des beaux arts de Nantes
galerie le cloitre de l'art

Notre dessin est à rapprocher de celui intitulé Portrait de jeune fille, (voir ci-dessous) aujourd’hui conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes. Tout laisse à penser qu’il s’agit là de la dernière version avant son dessin final. Ce dernier a par ailleurs été présenté à l’occasion de l’exposition La muse bretonne, collections du musée des Beaux-Arts de Rennes, en 2000, ainsi qu’en 2006-2007, lors de l’exposition Les peintres du rêve en Bretagne : autour des symbolistes et des Nabis du musée (de Brest).

Dans un paysage de forêt obscure et mystérieuse, une jeune femme rousse à la peau diaphane joue du luth, assise. Elle est coiffée selon la mode bretonne et vêtue d’un costume Renaissance. Son visage idéal, serein et inspiré, contraste avec un paysage sombre et réaliste. Enfin, le châssis cintré ans un style Renaissance renforce l’aspect mystique et religieux de la peinture. Le sujet n’a pas de source identifiable, qu’elle fût littéraire ou légendaire. Même si Maxence, originaire de Nantes, a toujours gardé une affection forte pour sa terre natale, le dessin n’évoque que vaguement Brocéliande et le folklore breton. Il mêle la réminiscence indéterminée des fées Viviane ou Mélusine avec sa connaissance de Rossetti et de Burne-Jones et son goût pour un art précieux et spirituel. Son anglophilie est manifeste dans le choix du titre lors de son exposition au Salon de 1910, avec un sous-titre anglais, Peaceful Seclusion, que l’on peut traduire littéralement par « en paix à l’écart du monde ». Quel est exactement le sujet de l’œuvre ? Il est bien difficile de le dire tant Maxence évite l’anecdote au profit d’une indétermination du sens. Comme il l’explique lui-même, « la petite scène, le tableautin de drame, la grande composition grandiloquente qui prétend narrer quelque chose : les voilà les ennemis du peintre ! ». Chez Maxence, le rien, le vide et le doute prévalent sur la question du sujet. Celui-ci demeure énigmatique pour laisser place à la contemplation de la peinture et à la méditation.

Edgar Maxence, Portrait de jeune fille, circa 1910, pastel et gouache sur carton, Rennes, Musée des Beaux-Arts.

musée des beaux arts de rennes
Prix sur demande