Gaudemaris, reine mérovingienne

Henry de GAUDEMARIS

(Paris, 1853 – Lyon, 1908)

Reine Mérovingienne 

circa 1880

Huile sur toile

40,5 x 32 cm

Provenance : vente de l’atelier d’artiste

Né à Paris en 1853, Henry de Gaudemaris connaît un engagement militaire précoce dès l’âge de 17 ans lors de la guerre de 1870 et des campagnes d’Algérie. Rendu à la vie civile, il s’installe à Lyon où il concilie une carrière professionnelle dans l’industrie avec sa passion pour la peinture. Son apprentissage artistique débute sous la direction de Jean Scohy (1824-1897), puis auprès de Michel Dumas (1812-1885), élève d’Ingres. Suivant cette filiation ingresque et la tradition d‘Orsel et de Flandrin, Gaudemaris développe un dessin rigoureux au service d’un talent naturel pour la couleur et le traitement de figures dans des atmosphères calmes et lumineuses. Proche du peintre lyonnais Tony Tollet (1857-1953) — Grand Prix de Rome —, avec qui il partage son atelier et une vive amitié, Henry de Gaudemaris s’insère rapidement dans les réseaux artistiques de son époque. Il s’investit activement au sein de la Société des Amis des Arts de Lyon à partir de 1883, dont il devient l’un des organisateurs des Salons annuels, jouant un rôle clé dans la sélection des œuvres et le rayonnement de la scène lyonnaise. En parallèle, il contribue au monde de la critique d’art en tant que correspondant officiel à Lyon pour des revues parisiennes de renom telles que Le Moniteur des Arts et le Journal des Artistes. Henry de Gaudemaris s’illustre particulièrement dans la peinture d’histoire, les sujets religieux d’inspiration mystique et les grands décors. En 1886, sa grande composition mystique, Les Saintes Maries conduites par les Anges sur les côtes de Provence, retouchée avec les conseils d’Alexandre Cabanel, est reçue avec succès au Salon de Paris. Cette œuvre poétique sera longtemps conservée à l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer. En 1889, il expose L’offrande à Minerve au Salon de Paris. Gaudemaris se consacre par la suite à d’importants décors muraux d’églises de la région lyonnaise (Sainte-Croix, Fontaines-sur-Saône, Beauregard, Denicé). L’œuvre d’Henry de Gaudemaris témoigne de la virtuosité et de la sensibilité poétique d’un peintre lyonnais au croisement de la tradition académique et du mouvement mystique de la fin du XIXᵉ siècle. Son style mêlant un symbolisme religieux délicat à une rigueur académique héritée de la peinture du XVe siècle. Bien que peu familier du grand public aujourd’hui, Henri de Gaudemaris mérite d’être reconnu comme l’un des représentants raffinés du renouveau mystique et spirituel dans la peinture lyonnaise de la fin du XIXe siècle.

Sainte marie de la mer
Henri de gaudemaris
Le Cloître de l'Art

Bibliographie : Christine FEUILLAS, « Notes sur le peintre Henry de Gaudemaris (1853-1908) », Bulletin des Amis d’Orange, n° 140 (1998), p. 6-10.

2 300 €

Le Cloître de l'Art