HIPPOLYTE FLANDRIN

(Lyon 1809 – Rome 1854)

Dessin préparatoire au décor de l’abside de Saint-Martin d’Ainay à Lyon

1855

Crayon noir sur papier
420 x 223 mm
Cachet de l’atelier de l’artiste en bas à droite
Provenance : Galerie Mazarini, Lyon.

Cadre doré, montage en double passe-partout avec filets encre et papier doré. Verre anti reflet muséal.

 Fils d’un miniaturiste lyonnais, Hippolyte Flandrin se forme très jeune à la pratique du dessin grâce à l’enseignement de son frère aîné, Auguste. Après avoir suivi celui du peintre troubadour Pierre Révoil à l’École des Beaux-Arts de Lyon, il obtient en 1828 le Laurier d’Or avant de poursuivre ses études à Paris accompagné de son frère Paul et de son meilleur ami Louis Lacuria. Les trois artistes étudient dans l’atelier d’Ingres dont Hippolyte devient le disciple préféré. Grand Prix de Rome à 23 ans, l’artiste s’imprègne durant six ans de la riche fresque italienne qui se déploie harmonieusement avec le Trecento de l’Antiquité à la Renaissance. De retour en France en 1839, il est immédiatement sollicité afin de participer à la décoration de la chapelle Saint-Jean pour l’église Saint-Séverin, à Paris. Achevées en 1841, ses fresques sauront séduire contemporains et commanditaires. De 1846 à 1853, il œuvre aux décors de l’église néo-byzantine Saint-Paul de Nîmes et collabore avec l’architecte Questel. C’est par le biais de ce chantier qu’il reçoit en 1855 une commande lyonnaise de la part de l’abbé Boué. Dans l’optique de redonner à Saint-Martin d’Ainay une filiation décorative antique dans la lignée de Santa-Maria in Trastevere à Rome ou de Saint-Marc à Venise, Hippolyte Flandrin est chargé d’harmoniser le style iconographique avec l’histoire du monument, dont les racines remontent aux débuts de l’iconographie chrétienne, encore empreinte d’un certain archaïsme et d’une certaine austérité.

Son programme peint (Ill.1), envisagé comme une résurrection byzantine dans un style antique transfiguré par l’expression chrétienne, fut incompris de ses contemporains, à l’exception d’une élite. Notre dessin, préparatoire au décor de l’abside, dévoile sept personnages hiératiques, épurés à l’antique. D’un trait calculé, dépouillé de toute portée ornementale, domine la silhouette du Christ Pantocrator. A sa droite, la Vierge, drapée à la grecque, présente à son Fils Blandine agenouillée, suivie de Clotilde. A sa gauche se dresse, armé de son bouclier et de sa lance, saint Michel, patron originel de la paroisse d’Ainay, accompagné du premier apôtre de Lyon saint-Pothin, précédé de l’infatigable saint Martin. Bien loin des extases baroques et des tourments romantiques, c’est bien la sérénité de la Vie éternelle exempte de tout tourment que nous donne ici à méditer l’artiste.

1 300 €

Flandrin,Saint Martin d'Ainay, Lyon dessin préparatoire 19e

Bibliographie :

Saint-Pulgent (de), P-A. (1856). Peintures murales de Saint-Martin d’Ainay par M. Hippolyte Flandrin. La Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, Tome XII, pp. 148-158.
Foucart, B. (1987). Le Renouveau de la peinture religieuse en France (1800-1860), Arthena.